Face aux incendies, “on devient parano”

Publié le 25 juillet 2019

« Depuis le début de la saison, j’ai eu trois départs de feu », avoue Eddie Vandenabeele, agriculteur à Valdampierre, au sud de Beauvais. « Heureusement, à chaque fois, j’ai réussi à les éteindre avec une bouteille d’eau ». Il lui reste quatre à cinq jours de travail dans ses champs de blé et de colza. Ensuite il pourra souffler. Mais pour le moment c’est l’inquiétude qui l’habite avec cette canicule qui tombe en pleine période des moissons.

Mardi, un de ses collègues est décédé à Blicourt, brûlé dans son tracteur. Quelques heures plus tard, il a cru que son village, dont il est aussi maire, allait être consumé par les flammes alors qu’un feu incontrôlable avait déjà ravagé plus de 360 hectares, dans la commune voisine, à Saint-Crépin-Ibouvillers. Par chance, celui-ci a été stoppé par la forêt à l’entrée du bourg.

« À force, on devient parano, confie-t-il. Au lendemain de l’incendie, je devais finir mon champ. Ma femme m’a accompagné avec le 4×4, des jerricans d’eau dans le coffre, et elle surveillait le champ au cas où ».

Pour la première fois en 37 ans de métier, il a décidé de décaler ses horaires de travail. « D’habitude on va couper la journée jusqu’à tard dans la nuit, mais cette année c’est trop dangereux ». L’après-midi, il se repose avant de prendre son service à 3 heures du matin. « Je vais arrêter vers midi et même avant s’il fait trop chaud ». Il risque de perdre un temps précieux mais la sécurité prime. « On coupe aussi plus haut les tiges, pour être sûr de ne pas toucher un silex et provoquer une étincelle, ajoute-t-il. Mais même comme ça, on arrive à avoir des incendies ».

Dans sa moissonneuse, la climatisation tourne à fond. « Heureusement car sinon ce serait invivable ». À sa gauche, un extincteur est à portée de main en cas de problème. « J’ai deux autres extincteurs à l’arrière de la machine », précise-t-il. « J’ai aussi une dizaine de bouteilles d’eau, au cas où ça ne suffirait pas ». Des armes qui semblent bien dérisoires, face à la violence des feux de ces derniers jours.

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